Le pont tournant
Lors de la rédaction du projet, on prévoit un pont flottant au droit du village du Migron pour assurer les communications avec les îles de la Loire. Sur la demande du conseil général de la Loire-Inférieure, ce pont flottant est remplacé par un pont tournant. L'ouvrage se compose de deux parties : l'une fixe, l'autre mobile. La partie fixe consiste en une passerelle pour voitures de 26 mètres de longueur, reposant à l'une de ses extrémités sur une culée en maçonnerie, à l'autre sur une palée métallique formée de quatre pieux à vis en fer descendus jusqu'au rocher. La partie mobile comprend deux volées de 25 mètres de longueur reposant sur une pile centrale en maçonnerie. L'ensemble est parfaitement équilibré et peut être manœuvré par un seul homme.
Le pont une fois fermé repose sur la culée en maçonnerie et la palée métallique ; des verrous de calage assurent la portée. Des défenses en bois protègent l'ouvrage contre les chocs des bateaux.
Beaucoup de péripéties ont lieu avant la réalisation de cet ouvrage.
Une tolérance administrative permet la circulation vers les îles en certaines circonstances. Le 8 août 1886, le conseil demande le libre accès aux îles du fleuve.
Le 30 septembre 1886, le conseil exprime le vœu de la construction d'une passerelle avec plate-forme. Que celle-ci soit établie en dehors de la digue extérieure de façon à diminuer les entraves apportées par les travaux. Après délibération, le conseil estime que le point d'attache de cette passerelle doit être la Roche ; à cet endroit, aboutissent les chemins vicinaux du bourg de Frossay, du Moulin Rouge et celui qui dessert les villages qui bordent la Loire. Le conseil demande à Monsieur l'Ingénieur en chef des travaux du canal et à Monsieur le Préfet de la Loire-Inférieure de prendre en considération l'implantation de la passerelle à la Roche.
Monsieur le Préfet par une lettre en date du 16 octobre 1886 fait connaître au conseil la solution retenue par Messieurs les Ingénieurs d'une passerelle provisoire destinée à assurer la communication entre la rive gauche de la Loire et les îles. Un dossier est joint à la lettre du Préfet en voici un cours extrait : Messieurs les ingénieurs, reconnaissent que les travaux destinés à assurer le passage définitif seront exécutés à la Roche et que la solution consistera en deux cales entre lesquelles circulera un bac à vapeur. Ces travaux n'étant réalisés qu'après l'achèvement de la digue en construction."
Cette solution ne sera jamais appliquée.
Le 18 décembre 1887, le conseil intervient à nouveau auprès de l'administration pour que le pont soit construit le plus rapidement possible. Au cours des années 1888 et 1889, il y eut plusieurs interventions pour demander la mise en chantier du pont. Les travaux de construction commenceront vers 1890. Le 12 mars 1891, après un arrêt des travaux qui a duré plus de six mois, le conseil insiste pour que le pont soit achevé dans les plus brefs délais. Finalement, il sera mis en service en 1892.
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